George Herbert est né en 1593 et mourut à l’âge de quarante ans. Pendant les dernières années de sa vie, il fut pasteur de la paroisse de Bemerton dans le Wiltshire. C’est seulement dans la foi, dans la soif et dans le désir ardent de sainteté, dans ses propres interrogations et dans sa méditation religieuse, qu’il puisa l’inspiration de sa poésie. S’il y a, depuis son époque, un autre exemple de génie poétique si dédié à Dieu, c’est celui de Gerard Hopkins. Ce serait cependant une grossière erreur de supposer que les poèmes de Herbert n’ont de valeur que pour les chrétiens - ou, toujours plus étroitement, que pour des membres de sa propre église. Pour le Chrétien pratiquant, il est vrai qu’ils peuvent aider à la dévotion. Quand je revendique une place pour Herbert parmi ces poètes dont l’œuvre devrait être lue par chaque amateur de poésie anglaise et étudiée par chaque étudiant de poésie anglaise, sans tenir compte de la croyance religieuse ou de l’incrédulité, je ne pense pas essentiellement au travail exquis, à l’extraordinaire virtuosité métrique ou aux heureuses trouvailles verbales, mais plutôt au contenu des poèmes qui composent Le Temple. Ces poèmes forment le récit d’une lutte spirituelle qui devrait toucher le sentiment et élargir l’intelligence de ces lecteurs aussi qui ne tiennent à aucune croyance religieuse et se trouvent eux-mêmes indifférents à l’émotion religieuse.
George Herbert was born in 1593 and died at the age of forty. For the last years of his life he had been Rector of the parish of Bemerton in Wiltshire. It was only in the Faith, in hunger and thirst after godliness, in his self-questioning and his religious meditation, that he was inspired as a poet. If there is another example since his time of a poetic genius so dedicated to God, it is that of Gerard Hopkins. It would, however, be a gross error to assume that Herbert’s poems are of value only for Christians – or, still more narrowly, only for members of his own church. For the practising Christian, it is true; they may be aids to devotion. When I claim a place for Herbert among those poets whose work every lover of English poetry should read and every student of English poetry should study, irrespective of religious belief or unbelief, I am not thinking primarily of the exquisite craftsmanship, the extraordinary metrical virtuosity, or the verbal felicities, but of the content of the poems which make up The Temple. These poems form a record of spiritual struggle which should touch the feeling, and enlarge the understanding of those readers also who hold no religious belief and find themselves unmoved by religious emotion. (T. S. Eliot)
George Herbert