La Poétique du corps explore à l'aide de l'image du corps - notion essentielle de la psychanalyse - les oeuvres de Baudelaire et d'Henri Michaux. Chez Baudelaire, le corps féminin sur lequel se concentrent tant de fantasmes d'agression réfléchit comme un miroir un vécu corporel hanté par la mort. Chez Henri Michaux, la colonne absente, l'immense foisonnement animal, les identifications de toute nature, le monde des signes linguistiques, expriment directement une image du corps infiniment labile, sans cesse dérobée, sans cesse à reconstruire, dont la quête opiniâtre inspire indéfiniment l'oeuvre du poète - oeuvre écrite comme oeuvre picturale - et même bon nombre de ses théories esthétiques.
Les écrits sur la toxicomanie constituent une dimension essentielle de l'oeuvre des deux poètes. L'auteur les replace à l'intérieur de la tradition inaugurée par De Quincey et qui constitue, par sa relative homogénéité, un terrain d'enquête privilégié pour la littérature comparée.
Comme le montrent amplement ces études, l'image du corps est avant tout l'image de la psyché.
Robert Smadja
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