Face à la matrice coloniale du pouvoir, la seule attitude intellectuelle qui convient est celle d’un processus de désobéissance épistémique visant à rouvrir l’espace de la relation pour l’imagination créatrice.
Pour penser au-delà des frontières épistémiques et territoriales établies par la colonisation des XVe et XVIe siècles, il est nécessaire d’identifier les formes d’acteurs et d’institutions dévalorisées par ces frontières.
Il est alors possible de mieux se détacher de ce dispositif conceptuel en optant pour un revirement épistémique qui consiste à privilégier, sur les traces de Fanon notamment, la socio-genèse d’un « être qui existe là où il pense » dans un environnement « pluri-versel ».
Un tel écart procède d’un acte d’émancipation qui ose transgresser la référence à l’universalisme abstrait hérité des Modernes pour dominer le monde. C’est un acte de « désobéissance épistémique ».
Walter Mignolo
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