L’hypothèse défendue dans cet ouvrage est que, dans le contexte de la Moldavie des années 1920-1930, il existe une quatrième « épistémè soviétique » qui est hétérogène aux trois autres identifiées par Foucault. Ce constat nous conduit vers une réinterprétation de l’archéologie foucaldienne du savoir et de la généalogie des techniques de pouvoir.
Cet ouvrage pose le problème de l’émancipation à partir d’une analyse du pouvoir sur la langue dans le contexte de la Moldavie Soviétique de la fin des années 1920. Deux registres de problématisation structurent le déploiement de cette entreprise historique et philosophique. D’une part, il s’agira de cerner le statut épistémique du savoir sur la langue propre aux premières grammaires du dialecte moldave. D’autre part, c’est l’articulation entre la langue et ses conditions matérielles d’existence qui sera soumise à une analyse critique grâce à une relecture de Foucault.
Si la spécificité du premier registre est discutée dans le cadre de l’archéologie foucaldienne des sciences humaines, le second se définit quant à lui par la mise en action des épistémès, notamment dans le champ des pratiques gouvernementales et pédagogiques. La thèse qui se précise au fil de ces analyses est que, dans le contexte de la Moldavie des années 1920–1930, il existe une nouvelle épistémè, que nous qualifierons de « soviétique », qui est hétérogène aux trois autres identifiées par Foucault dans Les mots et les choses. Cette thèse permet un retour réflexif sur le rapport entre l’archéologie et la politique ainsi qu’un réinvestissement conceptuel du statut épistémologique de la généalogie foucaldienne des pratiques de pouvoir.
Oleg Bernaz
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