Cet ouvrage embrasse toute l’œuvre poétique d’Octavio Paz (1914-1998), prix Nobel de Littérature 1990. Sa poétique du sacré est ici étudiée à travers ses essais et ses poèmes. L’imaginaire mexicain, le tantrisme, le bouddhisme zen sont tour à tour envisagés, pour déboucher sur la relation du poète à l’histoire ou encore à la peinture.
Couronnée par le prix Nobel de Littérature en 1990, l’œuvre du poète et essayiste mexicain Octavio Paz (1914-1998) illustre ce qui est peut-être la plus haute ambition de la poésie et de l’art modernes : celle de créer, en marge de toute foi religieuse, un nouveau sacré. Critique du langage, aimantation des mots, le poème, selon Paz, est un exercice à la fois charnel et spirituel, un pont jeté vers l’absolu. Le silence auquel il conduit nous fait entrevoir, par-delà les images et l’Éros, une essentielle transparence.
Cet ouvrage s’intéresse d’abord aux premières années puis à la période centrale de l’œuvre, où Paz définit, dans El arco y la lira (1956), une véritable poétique du sacré, et revisite dans ses poèmes les mythes mexicains (Libertad bajo palabra, 1949) et différentes facettes de la pensée orientale (Ladera este, 1969).
La nouvelle édition de ce livre – les textes étant désormais cités en langue originale – comporte deux chapitres inédits en français. L’un traite de la production poétique des années 1970, qui correspond au retour de l’auteur au Mexique, avec Renga (1971), Pasado en claro (1975) et Vuelta (1976). L’autre est consacré à la dernière étape d’écriture, avec Árbol adentro (1986), Figuras y figuraciones (1999), et enfin les ultimes poèmes.
Au total, c’est l’ensemble de l’entreprise poétique pazienne qui est ici considéré sous un seul regard, dans sa quête de « l’autre temps, le véritable, celui que nous cherchions sans le savoir : le présent, la présence ».
Paul-Henri Giraud
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